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HÉLÈNE ET LES AVIONS.

ACGLVie du Club HÉLÈNE ET LES AVIONS.

HÉLÈNE ET LES AVIONS.

3ème Partie

LES BALKANS APAISES

Cité martyre il y a moins de trente années, Dubrovnik a été impeccablement restaurée et nulle trace des combats qui s’y déroulèrent ne subsiste désormais. Seul un émouvant musée sur les hauteurs de la ville  retrace l’histoire récente de la cité et des destructions qui l’affectèrent.

Lorsque l’on déambule aujourd’hui entre les restaurants, pizzerias, bars, magasins, églises, vendeurs divers et ruelles pleines de charme, on a du mal a imaginer que tout ceci était, il y peu, un quasi amas de ruines. La folie destructrice de l’homme  n’a d’égale que la frénésie réparatrice du même !

Il y a quelques dizaines de siècles, ce que l’on a ensuite appelé les Républiques Maritimes telles Amalfi, Gênes, Dubrovnik (alors nommée Raguse), furent  de grandes rivales de Venise mais aussi, selon les méandres et les vicissitudes de l’histoire et des menaces militaires et/ou économiques, des alliées militaires.

De nos jours, la rivalité n’est plus de mise ou alors elle est toute pacifique et consiste à attirer chacune toujours plus de touristes.

Aujourd’hui comme hier les intérêts bien compris de l‘une comme de l’autre est aussi de s’associer dans les programmes des croisiéristes. Au petit jeu du nombre d’étrangers arpentant les rues, ruelles et cours de Venise comme de Dubrovnik,

il semble que  la première soit vainqueur mais que la seconde se place fort près. L’architecture, le charme des pierres et la splendeur des paysages expliquent ces cohortes multiculturelles envahissantes bigarrées et pourvoyeuses de devises.

L’aéroport LDDU de Dubrovnik, neuf et bien équipé reçoit chaque jour des dizaines de vols internationaux. Tant à l’arrivée qu’au départ, au sol que dans le ciel, nos modestes monomoteurs sont intégrés dans l‘intense trafic avec professionnalisme et apparemment une relative habitude de ce type de vols venus d’Europe de l’Ouest.

Un handling efficace nous conduit à nos stationnements où un appareil immatriculé en F nous rejoint. Étonnements respectifs … Il s’agit d’un avion d’un club voisin du nôtre, piloté par un ami. Coïncidence inouïe. Rencontre insolite. Le caractère relativement proche de la Croatie et l’attrait touristique de Dubrovnik expliquent certes ces inattendues retrouvailles.

En  moins de quatre heures, après un survol 1500ft de la superbe côte dalmate et un transit dans l’espace slovène, la côte italienne se dessine. En vérité, le dessin est flou … Il est vrai que, pour la première fois depuis le départ de Corse, la brume est apparue. Peu dense elle n’interdit pas de voir clairement la Cité des Doges dont les contrôleurs italiens n’interdisent pas de s’approcher sans la survoler. Venise Lido LIPV ayant fait l’objet d’autres vols, c’est à Padoue LIPU que le DR400 et le PA 28 se posent.

Bien que moins clémente que lors des journées précédentes la météo demeure VMC. Infiniment moins célèbre que sa célébrissime voisine Venise, la ville de Padoue et son petit airfield LIPU méritent incontestablement une visite. Le terrain et son personnel sont sympathiques, les redevances acceptables et l’abondant AVGAS le bienvenu dans nos réservoirs.

Parmi les « bonnes » raisons de venir à Padoue, noter que, si l’on a égaré quoi que ce soit, c’est bien ici qu’il convient de venir puisque le saint homme qui a donné son nom à la ville (Saint Antoine de Padoue) est supposé exaucer ceux qui recherchent ce qu’ils ont égaré.

LACS INACCESSIBLES ET COLS ENNUAGES

Le FPL de retour vers la France prévoit une route survolant une autre superbe région, celle des grands lacs du nord de l’Italie (lac de Garde, lac de Come, lac Majeur). Le relief y est proche et élevé mais la météo ne semble pas interdire un tel itinéraire.

Un instructeur local rencontré peu avant le décollage, bien au fait des réalités géographiques locales, déconseille vivement un tel voyage. Annulation du FPL initial et dépôt d’un second nous faisant passer beaucoup plus au sud là où les reliefs sont quasi inexistants. Dès le décollage, il est évident que nous avons pris là, la bonne décision.

 

A 1500ft, le sol demeure en vue. Au-delà c’est inaccessible et le « on top » n’est pas envisageable. La météo ne semblant guère s’améliorer lorsque les heures s‘écoulent, l’étape de Voghera LILH au sud de Milan Malpensa LIMC sera shunté. Le joli terrain de LILH ne sera que survolé et le FPL modifié en vol.

 

Route directe vers Lyon Bron LFLY via le col qui semble le plus dégagé à savoir celui du Mont Cenis. Il faut tout de même approcher les 10000ft dans un environnement pour le moins hostile d’autant que les bancs nuageux sont présents sans être heureusement omniprésents.

 

 

Oxygène non nécessaire, le col est passé sans difficulté majeure et le lac du Mont Cenis apparaît. Dans un tel univers, les liaisons radio longues distances sont évidemment médiocres voire impossibles. Avec 130.00 en auto contrôle, Ciao aux Italiens peu audibles et Bonjour aux Français pas encore accessibles.

Les sommets s‘abaissant lentement et les avions maintenant leur altitude, les échanges phoniques redeviennent possibles. On y apprend que le FPL amendé n’a pas été émis ou n’a pas été reçu. Mystère des échanges et des transmissions de données.

Une route directe via Lyon Saint Exupéry LFLL pour le DR 400 passé un peu plus au nord et une route non moins directe permettant d’entrer à Lyon Bron LFLY par BR388 sont accordées. Grâce sans doute à l’intervention de Saint Antoine de Padoue, le soleil égaré durant quelques heures a été retrouvé.

RÉALISTE ET RÉALISABLE

Une douzaine de jours de voyage, environ 25 heures effectuées par chaque appareil et comme à l’accoutumée des souvenirs tant techniques que géographiques, historiques ou sociologiques aussi intenses que nombreux.

Avec une préparation sérieuse, des avions bien entretenus, l’acceptation souriante des multiples aléas mineurs et la bonne humeur indispensable, de tels périples sont parfaitement réalisables. Ils ne relèvent ni de l’exploit ni de l’inconscience.

Quasiment tous les pilotes en rêvent et quasiment tous les aéroclubs en font. Du rêve à la réalité il n’y a que quelques longues soirées de recherches et de préparation ; quelques heures sur internet et les très nombreux sites permettant de répondre, parfois de manière contradictoire ( !) à toutes les questions que l’on se pose.

Et il y toujours quelque part sur tous les terrains quelqu’un qui l’a fait ou qui connaît quelqu’un qui l’a fait.

Quand repart on ? Où repart on ? Comme on le sait, ce sera dans un avion bruyant, on sera serrés, on sera secoués, il fera trop chaud ou trop froid. Et on sera contents …

Alain SENEQUE- FC#6

JM
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